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Похожие книги

Le rapport de Brodeck

Prix Goncourt des lycéens 2007

Auteur: Philippe Claudel
Editeur: Le Livre de Poche (2009)
Collection: Littérature & Documents
Poche: 374 pages
Langue: Français

Je m’appelle Brodeck et je n’y suis 1 pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m’ont forcé: «Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études.» J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir: «Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses (…).»

Le métier de Brodeck n’est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l’état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore. «On ne te demande pas un roman, c’est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c’est tout, comme pour un de tes rapports.»

Brodeck accepte. Au moins d’essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu’il ne sait pas s’exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d’accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l’extrême, il ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il veut retrouver la vérité qu’il ne connait pas encore. Même si elle n’est pas bonne à entendre.

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Rosie Carpe

Le prix Femina 2001

Auteur: Marie NDiaye
Editeur: Les Editions de Minuit (2009)
Collection: Double
Poche: 392 pages
Langue: Français

Le septième roman de Marie NDiaye ne commence pas par le début, non, les premières pages racontent l’arrivée de Rosie Carpe à la Guadeloupe où elle vient rejoindre son frère Lazare qui ne l’attend pas, elle est enceinte, enceinte de personne, sans le sou, malheureuse, malheureuse et lavée d’avoir laissé le malheur passé sur la rive ancienne de l’Atlantique. C’est déjà le commencement de la fin. Lazare n’est pas là, il est ailleurs, dans de mauvais coups, défait, il a envoyé Lagrand les chercher à l’aéroport. Lagrand est peut-être le premier personnage noir de Marie NDiaye, tous livres confondus. Il est également le seul personnage clair de ce livre, le seul innocent, donc le seul impardonnable. L’histoire commence plus tard, vers la page 50, à Brive-la-Gaillarde, une ville jaune avec un magnolia inoubliable dans la cour, le seul souvenir commun de Rosie et Lazare Carpe. Là-bas, ils avaient des parents et un avenir. Les parents et l’avenir ont fini par se désintéresser d’eux. Rosie travaille dans un hôtel, s’y fait engrosser, endure, espère et désespère, boit. Part. Arrive. Rosie vit à côté de son nom. En Guadeloupe, la vie empire, on laisse mourir, on tue, on s’accouple et on se désaccouple au partage des générations, on salit, on se salit, on a peur, on a peur de sa peur, on transgresse d’aveugles et invisibles tabous. On respire trop fort ou trop faible, on transpire.

Le livre ne tient pas dans ses rebondissements, même s’il y tient. Le livre existe parce que Marie NDiaye l’a écrit, parce qu’elle y réussit à l’extrême ce qu’elle conduit depuis toujours: écrire dangereusement, écrire au comble de la modestie et de l’exigence, écrire au risque de soi-même. Le septième roman de Marie NDiaye ne finit pas avec sa fin, il dure longtemps après qu’on l’a refermé. — Jean-Baptiste Harang, Libération

Biographie de l’auteur
Marie NDiaye est née à Pithiviers en 1967. Sa pièce de théâtre, Papa doit manger, est entrée au répertoire de la Comédie-Française en 2003.

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Cytomégalovirus: Journal d’hospitalisation

Auteur: Hervé Guibert
Editeur: Seuil (2004)
Collection: Points
Poche: 96 pages
Langue: Français

«Depuis deux jours, j’avais du mal à lire, de plus en plus de mal. Soudain je fermai mon œil gauche: les caractères d’imprimerie au-dessous de la ligne gondolée que je déchiffrais avec difficulté étaient effacés, tout le bas de la page était vierge». H. G.

Biographie de l’auteur
Hervé Guibert, né à Paris en 1955, est mort du sida le 27 décembre 1991. Il aura goûté à toutes les formes d’oeuvre d’art avant sa mort: photographe, journaliste, écrivain, chroniqueur de photographies, scénariste et vidéaste, il fut pensionnaire de l’Académie de France à Rome et écrivit une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels Des aveugles, A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Le Protocole compassionnel, et Mon valet et moi, qui rencontrèrent un succès exceptionnel tant auprès de la critique que du public.

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En vie

Auteur: Eugène Savitzkaya
Editeur: Les Editions de Minuit (1997)
Collection: Minuit
Broché: 124 pages
Langue: Français

Il y a un jardin au milieu d’une ville. Au milieu du jardin est bâtie une maison. Il y a du bruit et des odeurs: la maison est habitée. Les habitants de la maison vaquent à leurs occupations. Les tâches sont nombreuses et très variées. Il faut réparer les vêtements et la maison elle-même qui, comme la plupart des maisons, menace de tomber en ruine. Il faut préparer les repas et manger. Il faut balayer et nettoyer. Sitôt nés, les enfants grandissent. Lorsqu’elle est pleine, on sort la poubelle. Après la nuit vient le jour. Au jour succède la nuit. Après l’automne vient l’hiver. Les vêtements s’usent. Les cheveux vieillissent et redeviennent très fins et très doux. On cuit des légumes verts dans l’eau bouillante. Le sel est à sa place.

L’arrière-saison

Auteur: Philippe Besson
Editeur: 10 X 18 (2009)
Collection: Domaine Français
Poche: 190 pages
Langue: Français

Au commencement, il y a cette peinture d’Edward Hopper qu’on peut voir à Chicago. J’ai dû l’apercevoir à plusieurs reprises avant de m’en procurer une reproduction, un dimanche d’ennui. Quand je l’ai installée dans mon appartement, elle m’a semblé curieusement familière. Du coup, je ne lui ai pas vraiment prêté attention. Elle a traîné, pendant plusieurs jours, dans son cadre posé contre un mur, à même le parquet (du reste, elle y est encore). Un soir, sans intention particulière, j’ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d’un café nommé Phillies, entourée de trois hommes. Je me suis souvenu aussi de la passion de Hopper pour les paysages de la Nouvelle-Angleterre. Alors, ça s’est imposé à moi, sans que j’aie rien cherché. J’ai eu l’envie impérieuse de raconter l’histoire de la femme à la robe rouge, et des trois hommes autour d’elle, et d’un café à Cape Cod. Oui, cela a été clair en un instant. — Philippe Besson

Voilà un roman aux atmosphères chaloupées et torrides de Tenessee Williams. En septembre et dans la chaleur sucrée d’un soir, à l’intérieur d’un café. De pales ventilateurs tournent au-dessus des banquettes de moleskine, des rangées de bouteilles se reflètent dans l’immense miroir posé derrière le comptoir. Aux murs, les publicités pour Coca-Cola rappellent qu’ici c’est l’Amérique profonde. Plus exactement Cape Cod, petite ville étalée sur le littoral, au sud de Boston. Et plus précisément encore le café Phillies, du nom de la patronne. En ce dimanche soir, l’établissement s’est vidé de ses clients. Il ne reste plus que Louise, habituée des lieux, sirotant son Martini blanc servi par Ben. Elle attend là son ami Norman, comédien. Elle-même est dramaturge, auteur à succès. La conversation s’articule autour de sa dernière pièce quand survient Stephen, avocat d’affaires, de retour après cinq ans d’absence qui ont suivi sa séparation d’avec Louise. Ces retrouvailles seront l’occasion d’évoquer le passé, le présent, les trajectoires des uns et des autres, de revoir les échecs, les ratages émaillant les rapports humains…

Philippe Besson a pris pour point de départ un tableau d’Edward Hopper, Les Rôdeurs de la nuit, où figurent quatre personnages. À chacun il a donné un nom, un caractère, une histoire. L’Arrière-saison est donc une arrière-cour, une façade et ce qu’il y a derrière la façade… Ce qu’on peut imaginer au-delà d’une image et dépasser par l’imagination. C’est là un pur exercice d’écrivain, parti sur un sentier battu avant de s’en écarter, laissant libre cours à tous les possibles, empruntant différents chemins tout en respectant l’espace lieu. Il manque peut-être un peu d’émotion dans cette tranche de vie rassemblant quelques êtres isolés. Mais après tout, on peut trouver qu’il en manque également chez Hopper…

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Trois jours chez ma mère

Prix Goncourt 2005

Auteur: François Weyergans
Editeur: Folio (2007)
Collection: Folio
Poche: 240 pages
Langue: Français

«Dans le train, il colla sa tête contre la vitre et aperçut en surimpression, flottant au milieu d’un décor de broussailles, un visage blême et crispé, le sien, avec son front reconnaissable, haut et dégarni, ses paupières gonflées et sa bouche aux lèvres minces. Il eut envie de se dire à lui-même: “Qu’est-ce que je peux faire pour toi?” Ce visage si près du sien lui inspirait une profonde sympathie.»

Nuit après nuit, un homme hyper anxieux voudrait ne pas affronter la vie qui l’attend. Ses souvenirs l’aideront-ils à aller mieux? Il a fait tant de voyages, du Japon au Canada, tant de rencontres amoureuses. Sa mémoire lui donne le vertige. Il s’invente une série de doubles auxquels il fait mener une vie sentimentale et sexuelle aussi agitée que la sienne. Il vit depuis trente ans avec Delphine, ils ont deux filles — deux jeunes adultes capables de voir que leur père est dans le pétrin — et il voudrait aller rendre visite à sa mère. Elle vit seule en Provence et aura bientôt quatre-vingt-dix ans. Il lui téléphone souvent mais depuis quand ne l’a-t-il pas vue? Il a d’abord un livre à finir. Sa mère le lui dit: «Tu devrais publier ton roman, sinon les gens vont croire que tu es mort.»

François Weyergans mêle, mieux que jamais dans son œuvre, la profondeur et l’humour, l’émotion et le rire, dans ce roman qui affirme avec force les pouvoirs de la littérature — un roman qui a déjà eu des centaines de milliers de lecteurs en France et qui est traduit dans une vingtaine de langues.

Biographie de l’auteur
François Weyergans mêle, mieux que jamais dans son oeuvre, la profondeur et l’humour, l’émotion et le rire, dans ce roman qui affirme avec force les pouvoirs de la littérature — un roman qui a déjà eu des centaines de milliers de lecteurs en France et qui est traduit dans une vingtaine de langues.

Mes parents

Auteur: Hervé Guibert
Editeur: Gallimard (1994)
Collection: Folio
Poche: 168 pages
Langue: Français

Pourquoi la grand-tante Louise saccage-t-elle l’appartement de sa sœur Suzanne? Quels sont ces documents qu’elle cherche, et que contiennent ces liasses de papiers qu’elle brûle finalement dans la cuisinière? Concernent-ils vraiment, comme le prétend Suzanne, une infamie qu’aurait commise la mère, trente ans plus tôt? Comment se fait-il qu’au même moment le père ait dû précipitamment quitter Nice, abandonnant un cabinet de vétérinaire, un voilier, une Ford verte, une fiancée et deux chevaux, pour se retrouver à Paris sans chaussettes de rechange? Quel est ce chantage que mettent en train les parents du petit Hervé pour extorquer l’argent de la famille? Et où est caché cet or qu’on n’en finit pas d’enterrer et de déterrer, dont on n’a jamais pu se servir, sinon pour se plaindre qu’il soit encrassé? D’ailleurs ce trésor trop tard obtenu n’a-t-il pas un rapport avec le cancer de la mère, qui suit de peu l’héritage? N’y a-t-il donc rien de pire au monde, pour des parents, que d’avoir un fils soucieux de la vérité?

Le Port intérieur

Auteur: Antoine Volodine
Editeur: Les Editions de Minuit (2010)
Collection: Double
Broché: 190 pages
Langue: Français

C’est dans une venelle du Tarrafeiro, sordide quartier marécageux près du port intérieur de Macau, que s’est réfugié Breughel. Membre d’une société secrète évoquée à travers les noms énigmatiques de Paradis, Grand-mère ou Les Iles, Breughel a quitté l’Occident. Il a fui avec Machado, un Brésilien, et Gloria Vancouver, l’une des responsables de l’organisation, en détournant une importante somme d’argent. A Macau, les fugitifs ont pris la nationalité portugaise pour effacer leurs traces. Depuis, Machado est mort, mais le Paradis veille. Un tueur, Kotter, est envoyé en mission pour apurer les comptes et exécuter Gloria Vancouver.

Le port intérieur gravite autour de l’interrogatoire de Breughel, situation narrative récurrente chez Volodine. Ce seront des interrogatoires successifs que le lecteur va découvrir et dont il ne pourra jamais évaluer précisément le degré de réalité. Car pour protéger Gloria Vancouver, Breughel a anticipé de longue date l’arrivée du tueur, disséminant dans son taudis des textes et des photographies devant amener Kotter à la certitude que Gloria est morte accidentellement lors d’un séjour en Corée. Le lecteur va se retrouver pris malgré lui dans une toile d’araignée d’une finesse extrême, faite de dialogues et de monologues entrecoupés de récits de rêves. Le Port intérieur est écrit dans une langue musicale suspendue au-dessus du silence. Théâtrale, scénique, presque gestuelle, la phrase s’arrête parfois sur l’impossibilité qu’il y a de conclure. Le point final se transforme en trou noir qui aspire tout à la fois les ruminations et les remembrances de Breughel las, exilé, et semble le conduire au silence ultime. Car Le Port intérieur, c’est le lieu même de la littérature. — Jean-Didier Wagneur, Libération

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La Maîtresse de Brecht

Prix Goncourt 2003

Auteur: Jacques-Pierre Amette
Editeur: Le Livre de Poche (2005)
Collection: Littérature & Documents
Poche: 250 pages
Langue: Français

Quand le romanesque se joue de l’histoire, quand la fiction tisse sa toile dans la réalité, pour en faire ce qu’elle veut. La Maîtresse de Brecht est ainsi, puisant dans cette Allemagne à genoux, ruinée, détruite de l’après-guerre. On est en 1948. Bertold Brecht, dramaturge anarchiste réputé, ayant fui les nazis, rentre d’exil, de retour de Californie. Dans Berlin-Est, les autorités communistes ont pris le pouvoir. Son retour est triomphal. Tandis que partout des agents rétablissent l’ordre, reconstruisent le pays, éduquent les esprits, on lui donne des moyens considérables pour monter le Berliner Ensemble. Pas de hasard. Si Brecht est un formidable séducteur, on se méfie de lui, de ses idées, de ses actes. Pour mieux le surveiller, l’encadrer, le saisir, l’agent Hans Trow lui colle aux basques et à la peau une jeune comédienne, mystérieuse et théâtrale, Maria Eich. En attendant de jouer Antigone, elle sera sa maîtresse.

Jacques-Pierre Amette tire les ficelles de son roman à partir de ces trois portraits dans un décor fastueux, entre coulisses et fatras, entre la scène et les gravats, entre les uniformes et les costumes. Peu importe que l’histoire soit vraie, inventée ou non, puisqu’elle est écrite. Et bien écrite, sans effet, sans rajout ni repentir, sans pathos. Avec les justes mots ou les mots justes, à la manière de Brecht. Voilà tout un monde historique, artistique, qui revit sous la plume ciselée de Jacques-Pierre Amette. Un art du roman, récompensé par le Goncourt.

Biographie de l’auteur
Jacques-Pierre Amette est né en 1943, romancier et auteur dramatique, il est critique littéraire au Point.

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